Les grèves et blocages anti démocratiques lancées par une pathétique et puérile poignée de jeunes gauchistes patentés, propagent leur virus autour d’eux… Les premières victimes sont les étudiants qui veulent travailler ! Ils en sont empêchés par cette bande de fainéants qu’y n’ont pour seul et unique but que de faire couler le gouvernement qui pourtant vient tout juste d’être choisi par l’ensemble des Français. Aujourd’hui les facultés sont prises en otage et beaucoup, même silencieux, s’inquiètent pour leurs partielles. Pourquoi font-ils cela ? La réforme contre le statu QUO était pourtant présente dans le programme de Nicolas Sarkozy approuvé à 53% le 6 mai dernier… Le projet de réforme de l’université s’appuie sur un constat partagé par tous. Plus de 80 000 étudiants sortent chaque année de l’université sans diplôme. Un étudiant sur deux échoue à la fin de la première année, et des filières sont sans débouché et n’amène les jeunes vers nulle part. Les universités sont de surcroît très mal occupées. Les matériaux à disposition sont dégradés et le minimum de confort n’est pas toujours au rendez-vous. Enfin, des étudiants victimes de ce système préfèrent partir à l’étranger, ce qui fait perdre à la France des « cerveaux » ! Il faut lutter pour le patriotisme universitaire ! Pour cela il faut rendre autonome les universités afin de pouvoir rivaliser avec l’étranger, donner des moyens supplémentaires en plus pour pouvoir rénover les locaux et les équipements. Il faut accompagner les étudiants jusqu’au bout, afin de leur assurer un avenir. Enfin et surtout, de pouvoir donner une chance à tous pour franchir les murs des universités une foi leur baccalauréat obtenu et ceci tel qu’il soit. Ca s’appelle l’égalité des chances ! Alors j’aimerai que l’on me dise qui proteste et surtout pourquoi ?
Commentaire
la méthode est discutable (pourquoi bloqué l'université qui est lieu de débat?pourquoi avoir recours aussi tôt à une telle méthode?) mais celle des négociations aussi...aucune.
Ne confondons pas conservatisme et protestation. Il faut que la fac change c'est une évidence, que le privé puisse donner de l'argent pourquoi pas (de manière anonyme pour ma part, un don et pas un achat pour garantir cette autonomie des université), il faut augmenter les garanties pour les enseignants (la loi donne la possibilité de contracté des hommes venus de l'extérieur pour enseigner...la pédagogie s'apprend et ne s'improvise pas, des intervenants oui mais il nous faut des profs aussi) et personnels de la faculté (combien de prof de td dans la précarité?). Que les universités soient propriétaires de leurs locaux ca se discute mais avant l'Etat doit s'engager à rénover nos facs qui sont pour certaines en plein délabrement. Il faut aussi densifier les heures de cours (plus de langues dans un contexte de mondialisation) encadrer d'avantage les premières années (cassure trop brute entre lycée et fac responsable aussi de l'échec) garantir un système de soutien pour les dispensés de TD pour cause de travail et augmenter les bourses pour diminuer le nopmbre d'étudiants travailleurs. Rapprochons les facs des entreprises oui mais pourquoi les entreprises devraient siéger au CA? Bref on peut être contre cette loi creuse (validée par l'UINEF) et pas conservateur ni gauchiste le truc c'est qu'il n'y a eu aucune négociation et que cette loi passe à côté d'une réforme réelle. Le privé n'est pas LA solution à tous les problèmes non.
alors Juju?
énorme alexis ! bien vu !
à part ça julien, je me doute que tu te contrefiches de l'autonomie qui va engendrer des coûts d'inscriptions rédhibitoires pour une partie de la population étant donné que tu n'es visiblement pas voué à faire des études...
Et voilà la preuve du fascisme de Julien Calabro.
Tu sais quoi ducon ? Finalement, il va y avoir une balle pour toi, voir tout le chargeur ! (Bouh, je suis un méchant gaucho trosko coco qui te menace de mort, va vite porter plainte à ton papa) !
J'aime bien expliquer la loi LRU et ses dangers à ceux qui me la demandent, mais là je vais me contenter de te promettre, mon cher Julien, un formidable cassage de gueule ! Dès que la coordination nationale des facs en lutte se tiendra à Marseille, j'irai faire un petit tour dans ton lycée. ;)
C'est pas moi qui ai dis ça !
Quelqu'un se fait passer pour moi idiot !
Pourquoi ne pas censurer le message dans ce cas (plutôt que les miens ou ceux d'Elfe, linus, mon nom est obligatoire ...)
J'ai dit que se mobiliser contre la LRU et aller jusqu'au blocage était avant tout un acte citoyen. En effet, cette loi s'attaque au pilier Egalité de la République, et, tout étudiants que nous sommes, nous sommes avant tout des citoyens français, et notre premier devoir et de défendre la République contre ceux qui veulent la détruire, même au prix de cours ratés.
J'ai conclu en disant que Sarkozy, Pecresse, l'UNI et tout ceux qui défendaient la loi LRU, étaient des menaces contre la République et qu'il était normal de lutter contre eux.
Je rappelle au passage que la révolution de 1789 s'est faite par des gens qui en avaient marre de l'injustice, de la tyrannie, et qui se sont battus au nom d'un idéal de solidarité, de justice et d'égalité. Autrement dit, les sans-culottes étaient des "gauchistes".
Je profite de ce commentaire pour appeler les vrais républicains et reprendre à la Droite ce qu'elle s'est ignominieusement approprié : le drapeau tricolore, la Marseillaise, mais aussi la Cocarde, Marianne, le bonnet Phrygien. Le Droite est anti-Républicaine.
Reprennons notre héritage, gagné en acquittant le prix du sang sur les barricades face à la tyrannie il y'a plus de deux siècles, et réaffirmons notre désir de République Libre, Egalitaire, Fraternelle, et Juste.
AUX ARMES CITOYENS !
Environ 750 personnes présentes.
Vote effectué avec présentation de la carte d'étudiant
Compte effectué simultanément par un pro-blocage et par un anti-blocage.
425 voix pour le blocage
259 voix contre le blocage
Quelques abstentions.
La mise en place a débutée ce soir par l'installation de barricades aux entrées et de quelques chaines pour attacher les portes.
L'impressionnant nombre de personnes ayant voté le blocage et ayant participé a sa mise en place est une première pour Bordeaux 1, je crois qu'on a fait mieux que pour le CPE.
J'avais déjà dit que la colère étudiante était un dragon en sommeil......je crois que la journée de manifestations du 20 sera l'annonce de son reveil.
Salut à tous et à toi Julien,
C'est mon premier commentaire ici. Pourquoi me direz vous? Parce qu'ayant fréquenté l'université pendant 5 ans je crois pouvoir en dire quelques mots...
Je suis d'accord avec toi sur UN seul point : il faut plus de moyen pour l'université qu'il s'agisse de locaux, ou du suivi des etudiants, etc.
Apres comme tjrs je ne suis pas d'accord avec ce que tu dis.
Je te rappelle que le droit de grève est un droit fondamental et sans doute l'un des plus important dans notre société.
Pour revenir à l'université, il faut d'abord être fier de l'université française qui permet à TOUS les bacheliers de poursuivre des études dans le supérieur.
De plus, je crois que tu confonds certains problemes et que tu as tendance à faire des raccourcis qui sont trop rapides à mon gout.
La question de l'échec en premier cycle comme tu l'évoques, n'est pas à lier à la concurrence entre universités ou encore à leur autonomie. Il est selon moi question de l'orientation des jeunes bacheliers qui est à travailler dès le lycée autour d'un projet cohérent au dela du simple apport d'information. Ajoutons à cela le fait que de nombreux etudiants sont dans des situations de précarité. Je te donne un exemple : à l'université de Lettres d'Aix c'est près de 20% des étudiants qui font des demandes de tickets alimentaires... Cette information est à rapprocher au fait que de nombreux etudiants sont obligés de travailler pr financer leurs études, et ke parmi les etudiants en echec nombreux sont ceux qui travaillent (un peu plus de la moitié selon les derniers chiffres de souvenir mais à vérifier). De ce point de vue là, l'allocation d'autonomie est une idée que je trouve séduisante, d'autant que les bourses universitaires sont calculées sur le revenu des parents. Un cas de figure : s'il y a rupture entre parents et l'etudiant comment faire ?
Ensuite entendre parler de filières qui sert à rien ca met en COLERE. Premierement de quelle filière parle t'on précisément? Ensuite, sur quels critères doit on se baser pr evaluer la pertinence d'une formation ? On parle souvent du critère "chomage" mais alors pourquoi continue t'on à promouvoir l'enseignement professionnel alors que les chiffres du chomage de ces dernieres années montrent que les chomeurs sont nombreux ç avoir des BEP et des CAP? Est ce que le critère "chomage" (ou insertion professionnelle) est un bon critère ? Souvent la filiere la plus stigmatisée est la psychologie et notamment ce qu'on appelle la psychosociologie.. Ca tombe bien je suis psychologue social depuis octobre! Dc forcement ca me fait un peu rire... L'université n'est peut etre pas la pour pondre des profs ou encore des professionnels prets à se lancer sur le marché du travail. Elle participe aussi à la recherche : la recherche en sciences sociales pr ce qui me concerne. Sans la psycho sociologie nous n'aurions pas tous les travaux en santé publique sur le SIDA et la perception des risques (super interessant du reste G des references pour ceux que ca interesse : comment notre representation de la relation sexuelle influence notre perception des risques? G fait mon memoire de M1 dessus...), la santé et la précarité, le cancer et la qualité de vie, l'observance thérapeutique mais aussi des théories sur la manipulation, la soumission à l'autorité, etc. Bref si notre univers théorique et aussi pratique (car sans théorie difficile d'avoir une pratique pertinente) n'etait pas founi et actualisé par les travaux menés à l'université, ou cela se ferait'il ?
Je vais m'arreter je sais pas si j'ai abordé tous les éléments que je voulais mais en tous cas, je crois qu'il est important d'être humble dans ces propos et je pense que c'est cela qui me heurte le plus dans ton discours : tes certitudes dans tes écrits. Avoir des opinions des valeurs est une chose tout à fait respectable, mais qu'il s'agisse de politique comme dans d'autres thèmes (la santé, le social...) tout ceci requiert selon moi un grand sentiment d'humilité : si les solutions etaient si simples alors pourquoi ces problemes durent depuis si longtemps (gouvernement de droite et de gauche confondu).
Pour des phénomenes aussi complexes je pense qu'apprendre à s'écouter et à avoir un regard multidimentionnel sur ces objets, ces évenements peut constituer le premier pas vers des réformes plus pertinentes, plus efficaces et surtout mieux acceptés.
Voila c'etait l'avis d'un jeune psychologue qui vous fait partager sa vision! elle vaut ce qu'elle vaut en tous cas j'espere qu'elle sera constructive pour vous.
PS : G pas tout relu mon texte dc pardonnez les kelkes fautes de frappes ou autres..!
Sur la forme c'est mal écrit et en plus il y a des fautes...quand on aspire à faire de la politique c'est dommage.
Sur le fond il y a des incohérence sur ce qu'il advient d'appeler la pirvatisation des universités.
On commence par une belle contradiction :
"seul et unique but que de faire couler le gouvernement qui pourtant vient tout juste d’être choisi par l’ensemble des Français"
"La réforme contre le statu QUO était pourtant présente dans le programme de Nicolas Sarkozy approuvé à 53% le 6 mai dernier"
Il est donc normal qu'il y ait des vagues de protestations...
Ensuite lorsque l'on souhaite faire une quelconque carrière politique il est inspensable de prendre un minimum de recul avec les évenements et de montrer un minimum de respect à l'égard des personnes qui protestent...même si elles ne défendent pas les mêmes valeurs.
Tentons de mettre en suspend le « prêt à penser » hertzien pour parvenir à comprendre, saisir les différentes variables qui font et défont ce mouvement estudiantin.
Cherchons quels peuvent être les limites et les apports des moyens mis à disposition de cette mobilisation. Interrogeons-nous, au-delà des formes, aux positions qui traversent cet instant social. Bref, faisons l’autopsie de cette action étudiante sans en dénaturer le corps qui est encore vivant.
Ces formes qui font (ré)agir
En parcourant furtivement la grande toile, il est facile de constater que la forme des actions, lors des mouvements sociaux, semblent sans cesse être confrontés aux interrogations et polémiques, ce dès l’essor d’un conflit de ce type.
Le milieu universitaire n’échappe pas à cette règle. Du CPE à 1995 en passant par la Loi Devaquet, à chaque fois les moyens de la mobilisation furent critiqués, montrés du doigt et érigés en atteinte à la liberté...
« Blocage » c’est de ce mot que naissent diatribes, controverses et contestations. Bloquer consiste à empêcher l’accès de la faculté aux étudiants dans le but de provoquer le débat, attirer l’attention des pouvoirs politiques et médiatiques. Toutefois, cette méthode est également perçue comme une atteinte à la liberté d’étudier pouvant être le fruit d’une minorité de la communauté universitaire.
Ici, l’antagonisme est réel et porte en lui tant de contradictions et de réalités qu’il demeure difficile, voire impossible, de tracer une ligne fixe qui déterminerait les bons et les méchants à la manière de Walt Disney.
Le blocage est un moyen d’action qui s’inscrit dans un contexte de revendications sociales tenues soit par une majorité soit par une minorité d’étudiants. Plus le tissus médiatique progresse, plus l’individualisme gagne du terrain sur la norme, moins le débat est existant et plus spectaculaire est sollicité pour la reconnaissance du mouvement. En effet, l’Université est un lieu où beaucoup d’étudiants viennent, cueillent du savoir, et s’en vont au quotidien profitant d’une vie sociale hors université. Si ce n’est, peut être, pas la majorité des âmes étudiantes, c’est tout de même une catégorie de la population non négligeable qui est susceptible de passer à côté d’une mobilisation autour d’idées qui peuvent leurs être pourtant très proches. Le blocage peut donc permettre l’instauration d’un débat et la diffusion des informations. L’aspect médiatique n’est pas à ignorer non plus tant les mouvements sociaux changent à mesure que la sphère médiatique évolue. Aujourd’hui, pour qu’un conflit existe sur la durée il faut parvenir à mobiliser l’œil du monde : les mass-média. Or, est ce la faute des grévistes si ces derniers privilégient le spectacle au devoir d’information ? Les blocages s’inscrivent donc dans une logique de débat et d’existence médiatique.
Cependant le blocage est une méthode qui mobilise une forte opposition et de vives critiques, elles aussi viables, montrant la complexité du débat. Le blocage est vu comme une atteinte à la liberté d’étudier. Cette liberté et en effet mise entre parenthèse face à l’occupation des locaux universitaires où se tiennent habituellement les cours. L’Université française se revendique d’être un lieu de débats et d’expression libre. Ce fait est vérifiable. Cependant, il est vrai que le blocage, lorsqu’il intervient subitement, devient alors un moyen privatif d’échanges et de débats hors Assemblées générales et surtout peut provoquer une réflexion dans l’urgence jamais très bonne pour la cohésion du mouvement. Ce dernier phénomène peut se traduire par une réflexion maîtrisée par les leaders mais beaucoup moins par une partie des participants « plus suiveurs » qui peuvent à la longue être une faiblesse pour le mouvement car donnant la sensation d’une mobilisation uniquement syndicale, le blocage jouera alors contre ses premières volontés. L’instauration subite du blocage c’est aussi ouvrir la porte, comme ces temps ci par exemple, à un faux débat sur les moyens de mobilisation et non la fin. Ceci entraîne donc une césure dans la communauté universitaire et donc affaiblit le mouvement.
Ces différentes données, non exhaustives, semblent mettre en exergue les difficultés face auxquelles sont confrontées les mouvements pro et anti-bloqueurs. Ainsi, nous pouvons nous demander si le blocage n’est pas un moyen extrême de mobilisation, dans le sens où celui-ci ne devrait intervenir pour être véritablement efficace qu’après une série de mobilisations, de réunions d’informations et de manifestations restée lettre morte chez les différents pouvoirs. De cette manière, la légitimité du mouvement serait beaucoup moins contestable. Dans une autre logique, le mouvement étudiant ne devrait-il pas, avant de se radicaliser, s’interroger sur le principe de blocage filtrant. Même s’il est à présent un peu tard pour appliquer la réflexion à la mobilisation actuelle, les prochains mouvements pourraient inclure les différentes controverses pour fédérer en plus grand nombre.
L’autre débat sur la forme concerne l’expression démocratique. Étonnant de voir que deux camps se déchirent le mot démocratie estimant sans doute qu’elle ne peut être qu’uniforme.
La première forme de démocratie est celle appelée Assemblée Générale. Ici, cette organisation vient contrer l’idée ambiante qualifiant les bloqueurs de « khmers rouges »(sic) ou encore de fascistes. En effet, ces AG, ouvertes à tous, sont les lieux où débattent et votent les étudiants présents des questions autour de la Loi critiquée et des moyens d’actions. Certes, au sein de ces assemblées générales il n’est pas rare d’assister à des querelles syndicales, à des déclamations semblables à des bons exercices théoriques et le tout sous des hourras ou des huées c’est selon. Toutefois, derrière ce spectacle, c’est ici que le mouvement peut se comprendre par l’écoute des différents acteurs, la compréhension des différents courants d’opinion et par la conversation avec d’autres personnes venues participer à ces AG. Ces réunions c’est l’occasion du vote et tout le monde peut venir exprimer son opinion. La modalité de celui-ci est tout de même critiquée. Il est vrai que le vote à main levée, puisque c’est de ceci dont nous parlons, demande un certain aplomb au milieu de partisans et d’opposants qui peut gêner certains individus, mais ce type de vote n’est pas illégitime pour autant puisque utilisée par l’Assemblée Nationale. Le véritable problème peut surgir lorsque les suffrages sont très partagés, mais ce cas reste très marginal. Les assemblées générales malgré les aspects critiquables ne sont donc pas en contradiction avec la notion de démocratie.
La seconde forme de démocratie est le vote. Pour la génération étudiante contemporaine, le paysage démocratique est constitué d’un isoloir, d’une enveloppe, d’un bulletin et d’une urne. La démocratie adopte cette forme qui est fort peu contestable même si, il est vrai, celui-ci supprime l’élan collectif qui accompagne une mobilisation sociale. Toujours est-il que le principe même du vote anonyme est difficilement contestable. Néanmoins pour une légitimité du vote, il est nécessaire de réunir plusieurs critères :
- un vote dit traditionnel au sein des universités (vote papier et isoloir) et non virtuel. En effet, toujours dans l’objectif de confronter les opinions et non de rester cloîtrés chez soi en attendant que le temps décide, il paraît important que le vote se passe sur les lieux du débat quitte à ouvrir le scrutin sur deux jours pour que les étudiants-travailleurs puissent y participer.
- Les questions posées doivent être de deux ordres afin de retranscrire totalement la réalité du mouvement étudiant. Dans un premier temps une question autour des moyens de la mobilisation et ensuite une question sur la position des étudiants par rapport à la Loi Pécresse, en l’occurrence. En effet, quelle légitimité aurait un vote qui occulterait le débat de fond pour uniquement la forme. Il est vrai que la loi a été votée, mais dans ce sens de l’autonomie n’est ce pas le rôle de l’université française d’interroger ses étudiants sur ses positions vis à vis de cette loi. Passer sous silence ceci c’est comme si un médecin ne prescrivait que des anti-douleurs lorsque son patient se casse le bras : les cris s’estompent mais la fracture reste. C’est une question de légitimité qui plus est utile pour démontrer que ce vote ne sera pas agité comme passe droit pour l’intervention policière regrettable dans le cadre universitaire de débat. L’université française se doit de retranscrire l’ensemble de la mobilisation estudiantine afin que le monde extérieur comprenne ce qui se passe et que la démocratie soit totalement impartiale.
La démocratie n’est pas seulement le débat des moyens mais également celui des idées, le vote devrait en être l’écho.
Ce fond qui fuit
Depuis le début de la mobilisation étudiante, les médias traitent en grande partie des moyens de celle-ci. Comme nous en avons déjà parlé, intéressons-nous à présent au fond de cette réforme et aux revendications des opposants. Afin de mieux comprendre le texte de loi et les arguments des partisans, vous pouvez aller sur http://www.nouvelleuniversite.gouv.fr/. En ce qui nous concerne nous nous concentrerons sur quelques critiques faites à la LAU, puisqu’il est toujours plus pertinent d’aborder les failles d’un processus que de jouer les simples bénis oui-oui.
La LRU, la LAU, la Loi Pécresse et toutes les dérives nominatives s’est fixée pour but l’autonomie des universités et ce notamment en ayant recours à des investissements privés. Cette Loi connaît de nombreuses critiques.
La première de celles-ci est la fenêtre temporelle durant laquelle se sont déroulées les concertations, soit début juillet 2007. Il est évident qu’il faut bien un temps pour négocier et qu’il faut bien qu’il arrive. Cependant, n’est ce pas étonnant pour une loi jugée primordiale pour la survie universitaire que celle-ci soit votée durant la période estivale, période peu propice à la mobilisation et réflexion étudiante. En effet, entre les étudiants rentrés voir leurs familles, les travailleurs et également les vacanciers, la communauté universitaire est dispersée et peu mobilisable. C’est peut être regrettable mais c’est un fait qui existe depuis la nuit des temps et il apparaît peut crédible d’avancer que le ministère ignorait cette donnée ou bien la maîtrise du milieu universitaire serait fort inquiétante. Cet épisode, anecdotique pour certains, est au mieux une maladresse au pire une volonté délibérée d’exclure les étudiants de leur avenir. C’est de ce phénomène temporel que s’explique en partie une mobilisation si tardive mêlée également par une certaine volonté de participer au mouvement social plus général dans l’hexagone.
La seconde est l’aspect très vague, très creux de cette loi qui nous laisse un sentiment de contentement général recherché. En effet, ce texte est si épuré, si imprécis que chacun peut y trouver ce qu’il veut y trouver, ainsi tout débat autour de la loi et des ambitions de celles-ci est facilement contournable par le ministère qui peut, alors, ajuster l’argumentaire aux guises de ce texte à géométrie variable. Il est regrettable qu’un texte présenté comme une pierre angulaire ne soit pas aussi précis que l’ambition initiale mais après tout n’est ce pas là la caractéristique fondamentale du droit ?
Le troisième concerne l’engagement de l’Etat face à l’autonomie des universités. Ce texte de loi permet aux universités de devenir propriétaires de leurs bâtiments. L’idée en elle-même n’est pas plus farfelue qu’une autre, cependant l’état de délabrement avancé de certaines facultés françaises pose un problème : comment une faculté peut-elle faire face seule à la restauration d’un campus entier ? Ici encore, la loi demeure vague et n’engage pas l’Etat à réhabiliter les locaux avant leur cession, pourtant l’efficacité de l’Université parait inévitablement liée à un cadre d’étude de qualité. L’engagement de l’Etat est également remis en cause face aux constats de l’absence de quelconques traces de réflexions autour de l’amélioration de la situation étudiante parfois désastreuse (logements, travailleurs, bourses etc.)
Un quatrième point, met en exergue l’investissement privé. Contrairement à l’ambiance générale du mouvement, il ne semble pas question, pour l’instant, de privatisation totale de l’université. En effet, il n’y aurait rien de scandaleux à voir l’arrivée de fonds privée au sein de l’université française mais sous certaines conditions. Pourquoi ne pas faire de cet investissement un investissement anonyme, c’est à dire sans la présence du donateur dans le conseil d’administration, sans influence de ce même membre sur les programmes de la faculté et ajouter la garantie d’une égale redistribution sur toutes les facultés de l’Université ayant perçue le don (soit par investissement de l’Etat, soit par redistribution du don lui-même). Le privé peut être une chance pour l’université si celui-ci est contrôlé et ne fait pas de l’autonomie de l’université un simple transfert de dépendance entre l’Etat et les entreprises.
Un cinquième volet plus administratif intrigue. Il s’agit d’abord du statut des professeurs et des personnels qui semblent voir progressivement évincé le statut de fonctionnaire pourtant essentiel pour la continuité de l’université française. Être fonctionnaire est important pour les professeurs-chercheurs. En effet, la recherche nécessite une certaine mobilisation réflexive qui s’avère plus compliquée lorsqu’elle est perturbée par des pensées strictement alimentaires et une situation précaire. Il est donc important pour la recherche que le statut des fonctionnaires soient conservé pour les professeurs dans le but de poursuivre des recherches pas forcément rentables à court terme mais très utiles pour la compréhension du monde, pour les sciences humaines, ou pour aboutir un jour à une découverte essentielle, car derrière chaque chercheur se cache un trouveur en puissance. De plus la LRU autorise les établissements a engagé, sous la base d’un contrat, une personne issue de la société civile pour devenir professeur. Il est vrai qu’il est plus qu’utile de rapprocher l’université de la réalité, cependant quelle considération porte la réforme aux capacités pédagogiques d’un enseignant. La pédagogie, utile et nécessaire pour l’objectivité et la compréhensibilité des cours, ne s’invente pas, elle s’apprend. Pourquoi ne pas faciliter les interventions extérieures en développant les conférences si celles-ci ne se substituent pas aux cours. Enfin, le cas de la présidence de l’université est également problématique. En effet, cette réforme consacre le président en un véritable manager d’entreprise, puisqu’il peut recruter qui il veut sans même consulter le conseil prévu à cet effet, et non plus un responsable d’une équipe et d’une politique universitaire définie de manière collégiale. De plus ce même président peut être issu d’un milieu autre qu’universitaire ce qui peut entraîner des risques dans la cohérence de l’université entre ses différentes composantes.
Pour conclure, alors que cette loi est présentée comme étant la réponse aux principaux maux de notre université, il semblerait que beaucoup d’étapes ont été oubliées. La lutte contre l’échec au premier cycle est un des atouts annoncés de cette loi. Or, il semble utopique voire infondé de prétendre que l’investissement du privé va, à lui tout seul, régler le problème. Différentes mesures seraient à mettre en place. Pour lutter contre ce phénomène, il faudrait essayer aux maximum, notamment grâce aux bourses, de diminuer le nombre d’étudiants-travailleurs touchés par ce fort échec, mettre en place des soutiens pour ces mêmes étudiants travailleurs dispensés des travaux dirigés, encadrer plus les étudiants de première année (tutorat ?) afin de rendre plus douce la cassure entre la terminale et la faculté, accentuer le nombre d’heure de langue dans un contexte de mobilité et de mondialisation grandissant…
Oui il y a une réforme de l’université à faire, oui les critiques sont nombreuses sur cette loi mais elles ne sont pas pour autant inscrites, pour la majorité, dans le conservatisme mais plutôt dans un contexte de crainte par rapport à la marchandisation de l’université. Ce n’est pas du conservatisme que de penser que cette loi est plus idéologique que réellement pragmatique. La sensation qui traverse ce mouvement est celui d’un mécanicien qui ferait le plein de sa voiture avant de l’avoir construite. Si urgence il y a, est ce en se précipitant, en faisant passer coûte que coûte une loi provoquant doutes et inquiétudes que l’université sera réellement réformée ou bien est ce en établissant un processus qui organiserait l’université dans le but de l’autonomie de façon progressive et non soudaine afin de garantir les missions premières de l’université?
Pour conclure, nous avons pu voir que les moyens de la mobilisation étudiante sont critiquables pour leurs précocités, ce qui a eu pour effet néfaste de diviser la communauté universitaire et détourner les débats sur ces moyens que plutôt sur le fond.
Cependant, cette mobilisation repose sur de véritables convictions et craintes. Les médias et les représentants du gouvernement qualifient ce mouvement de « politique ». il est vrai qu’il revêt également un habit plus global, plus politique mais est ce honteux. Qu’un jour on stigmatise la sacro-sainte catégorie « des jeunes » pour leur abandon dans la superficialité et que le lendemain on dénigre ce même groupe parce qu’il s’interesse et se mobilise n’est ce pas contradictoire ? Il est sain pour la démocratie que les voix s’élèvent, que les contestations réagissent de toutes parts, qu’il existe des oppositions également à ces grèves le tout étant d’aboutir à un dialogue mais également à une prise en considération non idéologique des craintes d’un mouvement étudiant moins, gauchistes, « khmers rouges » ou fascistes que citoyens et actifs.
ELBE
Trackbacks
Pas de trackbacks
Adresse de trackback de l'article :
http://admin.i-clic.net/trackback.php?Id=195083Ajouter un commentaire Créer un trackback









